Vélo de Montpellier à Aspiran (45km en théorie, 60km en pratique)
La tempête fait rage sur les grandes plaines de l'Hérault, et la caravane tangue si fort que j'en ressens le mal des champs. Les éclairs illuminent le ciel, et le grondement du tonnerre est assourdissant. Je bouche mes oreilles, mais le bruit me parvient quand même par le sol et par l'air.
De peur, j'appelle Matthias le maraîcher qui me dit:
La tempête fait rage sur les grandes plaines de l'Hérault, et la caravane tangue si fort que j'en ressens le mal des champs. Les éclairs illuminent le ciel, et le grondement du tonnerre est assourdissant. Je bouche mes oreilles, mais le bruit me parvient quand même par le sol et par l'air.
De peur, j'appelle Matthias le maraîcher qui me dit:
"Ne t'inquiète pas, tu ne risques rien dans une caravane. Il peut toujours y avoir une tornade, mais tu ne seras pas frappée par la foudre".
Une tornade!
"J'en ai vu une de 15 mètres de haut au fond du jardin l'année dernière".
La caravane d'à côté est occupée par un autre wwoofeur, le philosophe. Par son comportement, cette personne est un bon exemple de ce que n'est PAS le wwoofing. A partir de là, voyons les règles implicites que se doit de respecter le wwoofeur:
- Nettoyer ses vêtements à la machine tous les 2 jours
-> Le premier principe est l'économie. Que ce soit l'eau, l'énergie, ou la nourriture, on n'est pas dans un hôtel.
- Considérer le wwoofing comme un hébergement
-> l'hébergement n'est pas gratuit et demande en échange 20 à 25 heures par semaine d'aide.
- Ne pas montrer d'intérêt à l'activité des hôtes
->Un wwoofeur va vers l'avant et propose d'aider les agriculteurs, jamais l'inverse. C'est une forme d'échange et de partage de connaissances relatives au métier.
- Discourir pendant des heures sans proposer d'arrêter
-> L'échange entraîne discussion, mais il ne s'agit en aucun cas de retarder le planning.
Le wwoofing est un principe d'échange demandant à chaque parti de respecter l'autre. Il est autorisé par la loi mais la législation reste ambiguë, et on dit souvent que "c'est toléré" sans être "autorisé". Encore aujourd'hui, un des responsables de la chambre de l'agriculture de Nantes me dit que le wwoofing en France est en voie de disparition à cause de la MSA.
J'aimerais à ce propos mentionner le procès infligé à nos maraîchers par la MSA en 2013. Cette année-là, un inspecteur du travail a décrété qu'il était interdit d'avoir un wwoofeur sur le terrain et a attaqué le maraîcher en justice avec une amende de 4500€ à payer. Matthias a alors lancé une pétition qui demandait à chacun d'envoyer une lettre au ministre de l'agriculture. Il a fini par être invité à présenter le problème en personne. Après lui avoir serré la main, le ministre a dit "C'est de vous, c'est milliers de lettres".
https://www.facebook.com/permalink.php?id=1397393387175087&story_fbid=1403705543210538
10h30. La vibration du téléphone signale qu'il est l'heure de prendre le petit-déjeuner. Tous les maraîchers ne se lèvent pas à 6h!
Matthias prépare l'habituel mélange de jus de betterave crue, pomme, oignon, ail, et carotte blanche. Patricia le saupoudre d'algue, et on se retrouve la bouche ensanglantée et verdâtre. Avec le jus s'accompagne une bouillie d'épeautre, de riz, et d'avoine avec de la coriandre, du carvis, et du fenouil, et du très bon pain de seigle avec des morceaux de citron. Enfin, on aime bien se faire une palette de peinture de crèmes soja aux goûts vanille, pistache, caramel, chocolat, et café. Et n'oublions pas le café noir chauffé à 85°C.
A midi, on discute du programme de la journée.
De 13h à 17h, on est aux champs
A 17h, c'est l'heure du dîner (ou parfois du déjeuner si on reprenait un repas le soir). On cuisine un mélange de légumes de saveur et de saison: courgettes, aubergines, oignons, ail, topinambours, cardon, et poivrons marrons mais pas pourris.
En accompagnement, on mange de la salade avec un peu de tamarin. Et on déguste toutes sortes de tomates originales: la noire cacao, la violette midnight ou encore la Blue Beauty mi rouge, mi bleue.
On conserve les tomates vertes dans des cageots recouverts d'une couverture pour les abriter de la lumière. A 20°C, il est possible de voir mûrir les tomates en quelques semaines ou quelques mois. Pour éviter de tomber sur des tomates pourries, il faut sélectionner des fruits parfaits sans cicatrice.
Mais où passe donc la journée?
A 18h après le déjeuner, c'est la grande excursion. Parfois à 17h si on ne prend pas de déjeuner. On prépare alors nos petits paniers remplis de mets divers.
On amène aussi le vin de la maison. Matthias est passionné par la viniculture et nous fait goûter à ses propres vins sans sulfites tous les jours. Parfois on a une petite touche de miel avec (le vinomiel), parfois c'est du vin pétillant... Les bidons de vin gonflent et il ne faut pas oublier de retirer les gaz régulièrement.
"ça dépend des souches de levures. Avec certaines, je n'ai pas de problèmes. C'est pour cela qu'on met du sulfite, pour stopper la fermentation".
"Pour faire du vin, il faut doser la quantité de sucre. Plus il y a de sucre, plus il y a d'alcool. Donc pour avoir un vin fort, je rajoute du miel, du jus de raisin. Pour connaître la quantité de sucre restante, on peut utiliser un densimètre car le sucre est plus dense que l'eau, à l'inverse de l'alcool".
On décolle à la tombée de la nuit. L'autre terrain est à 2km, alors on prend le camion en emportant notre pique-nique. Surtout, on n'oublie pas la frontale.
A vous de voir pourquoi l'article s'intitule "Les lucioles"
- Nettoyer ses vêtements à la machine tous les 2 jours
-> Le premier principe est l'économie. Que ce soit l'eau, l'énergie, ou la nourriture, on n'est pas dans un hôtel.
- Considérer le wwoofing comme un hébergement
-> l'hébergement n'est pas gratuit et demande en échange 20 à 25 heures par semaine d'aide.
- Ne pas montrer d'intérêt à l'activité des hôtes
->Un wwoofeur va vers l'avant et propose d'aider les agriculteurs, jamais l'inverse. C'est une forme d'échange et de partage de connaissances relatives au métier.
- Discourir pendant des heures sans proposer d'arrêter
-> L'échange entraîne discussion, mais il ne s'agit en aucun cas de retarder le planning.
Le wwoofing est un principe d'échange demandant à chaque parti de respecter l'autre. Il est autorisé par la loi mais la législation reste ambiguë, et on dit souvent que "c'est toléré" sans être "autorisé". Encore aujourd'hui, un des responsables de la chambre de l'agriculture de Nantes me dit que le wwoofing en France est en voie de disparition à cause de la MSA.
J'aimerais à ce propos mentionner le procès infligé à nos maraîchers par la MSA en 2013. Cette année-là, un inspecteur du travail a décrété qu'il était interdit d'avoir un wwoofeur sur le terrain et a attaqué le maraîcher en justice avec une amende de 4500€ à payer. Matthias a alors lancé une pétition qui demandait à chacun d'envoyer une lettre au ministre de l'agriculture. Il a fini par être invité à présenter le problème en personne. Après lui avoir serré la main, le ministre a dit "C'est de vous, c'est milliers de lettres".
https://www.facebook.com/permalink.php?id=1397393387175087&story_fbid=1403705543210538
10h30. La vibration du téléphone signale qu'il est l'heure de prendre le petit-déjeuner. Tous les maraîchers ne se lèvent pas à 6h!
Matthias prépare l'habituel mélange de jus de betterave crue, pomme, oignon, ail, et carotte blanche. Patricia le saupoudre d'algue, et on se retrouve la bouche ensanglantée et verdâtre. Avec le jus s'accompagne une bouillie d'épeautre, de riz, et d'avoine avec de la coriandre, du carvis, et du fenouil, et du très bon pain de seigle avec des morceaux de citron. Enfin, on aime bien se faire une palette de peinture de crèmes soja aux goûts vanille, pistache, caramel, chocolat, et café. Et n'oublions pas le café noir chauffé à 85°C.
A midi, on discute du programme de la journée.
De 13h à 17h, on est aux champs
A 17h, c'est l'heure du dîner (ou parfois du déjeuner si on reprenait un repas le soir). On cuisine un mélange de légumes de saveur et de saison: courgettes, aubergines, oignons, ail, topinambours, cardon, et poivrons marrons mais pas pourris.
En accompagnement, on mange de la salade avec un peu de tamarin. Et on déguste toutes sortes de tomates originales: la noire cacao, la violette midnight ou encore la Blue Beauty mi rouge, mi bleue.
On conserve les tomates vertes dans des cageots recouverts d'une couverture pour les abriter de la lumière. A 20°C, il est possible de voir mûrir les tomates en quelques semaines ou quelques mois. Pour éviter de tomber sur des tomates pourries, il faut sélectionner des fruits parfaits sans cicatrice.
Mais où passe donc la journée?
A 18h après le déjeuner, c'est la grande excursion. Parfois à 17h si on ne prend pas de déjeuner. On prépare alors nos petits paniers remplis de mets divers.
On amène aussi le vin de la maison. Matthias est passionné par la viniculture et nous fait goûter à ses propres vins sans sulfites tous les jours. Parfois on a une petite touche de miel avec (le vinomiel), parfois c'est du vin pétillant... Les bidons de vin gonflent et il ne faut pas oublier de retirer les gaz régulièrement.
"ça dépend des souches de levures. Avec certaines, je n'ai pas de problèmes. C'est pour cela qu'on met du sulfite, pour stopper la fermentation".
"Pour faire du vin, il faut doser la quantité de sucre. Plus il y a de sucre, plus il y a d'alcool. Donc pour avoir un vin fort, je rajoute du miel, du jus de raisin. Pour connaître la quantité de sucre restante, on peut utiliser un densimètre car le sucre est plus dense que l'eau, à l'inverse de l'alcool".
On décolle à la tombée de la nuit. L'autre terrain est à 2km, alors on prend le camion en emportant notre pique-nique. Surtout, on n'oublie pas la frontale.
A vous de voir pourquoi l'article s'intitule "Les lucioles"










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